Nobody Left to Crown

Comme l'a fort justement fait remarquer hier notre président : «Les experts, ils sont champions du monde pour expliquer les choses après…».

Donc assurons la rupture avec cette posture d'expertise et de sarcasme qui ne mène nulle part et laissons parler des gens qualifiés.

Cette semaine, la question sera "Qu'est ce qu'un SIG ?". Monsieur Jean Louis Borloo, malgré sa récente découverte du développement durable n'ayant pas donné de réponse audible (hips) et Monsieur Jacques Chirac, inventeur du concept de mulot géospatial copyright IGN, n'ayant pas de parloir cette semaine, nous allons nous retourner vers un autre politicien de haut vol, the Gobernator himself .

PhpThumb Et il s'est lâché Schwartzy, la semaine dernière. A l'heure de la nouvelle sainte alliance Google - ESRI, il n'a pas hésité à prendre position. Jugez en plutôt :

"GIS is a form of digital mapping technology, kind of like Google Earth but better"

Dit comme ça ce n'est pas con, mais avec l'accent de culturiste autrichien de Connard le Barbant, c'est carrément au delà du réel. Le discours (pas si mal) est là et la vidéo à côté.

Car comme l'a dit notre président (décidemment en forme hier) : «Si je vise des gens, c’est pas pour être désagréable, c’est pour être compris».

p.s. : Nobody Left To Crown sur le dernier album de Richie Haven. L'avantage des chemins marginaux, c'est que vous n'êtes jamais démodé.

La cavalerie

Carto11_mai_2Vue d'écran SIG (rétrospectivement personne ne sait si c'est celui de la Préfecture de Police ou celui des étudiants en géographie de la Sorbonne) le 11 mai au matin.

p.s. : Quand s'éloigne la tourmente
Quand retombe la poussière pesante
Et que sombre le pays
Dans le sommeil et l'ennui

Mai2p.s.s. : cartographie tirée de la revue L'Evénement, n°29, Juin 1968.

Can't You See - 2

23140554_3Pour faire suite au post précédent, quelques liens d'intérêt.

Spot_myanmarComme toujours quand il s'agit du sud-est asiatique le site singapourien du CRISP propose des ressources très complètes et datées (images Modis du 5 mai, 2 traces Spot du 6 mai, 1 trace Ikonos du 7 mai et 1 trace Spot du 8 et du 9 mai). Des kml sont fournis pour chaque extrait. (à droite extrait de l'acquisition Spot du 6 mai).

L'ESA propose des illustrations des acquisitions Envisat.

Côté Digital Globe, si le layer DG de Google Earth n'était pas mis à jour au 9 mai, les nouvelles capacités d'agilité de WorldView1 sont illustrées par les acquisitions du 6 mai.

Traces_qb_wvPour l'illustrer, le pdf téléchargeable sur le site de l'opérateur est très parlant (cliquer sur View Aftermath Analysis). L'ensemble des emprises en bleu ont été acquises le 6 mai en quelques minutes.

On trouve aussi une animation QuickBird ici sur le site du New York Times.

Côté Ikonos, la trace déjà mentionnée est également mise en avant sur le site de la Nasa et d'autres extraits sont présentés sur le site de GeoEye.

Landsat7Landsat 7 malgré ses problèmes a acquis des images le 5 mai, qui ont donné lieu à une production UNOSAT le 6 (à gauche extrait du produit UNOSAT sur la région de Yangon montrant à la fois la difficulté d'utilisation du capteur et l'apport réel de cette image).

DMCII propose sur son site des images acquises le 7 mai par le satellite breton UK-DMC et également utilisées par UNOSAT.

On soulignera la production de KeyObs, accessible via Respond, l'intérêt étant qu'ils avaient attaqué le problème avant la catastrophe et qu'ils disposent donc d'une base de données restituable au 1/50 000 sur les zones à risque inondation maximum.

Quand à notre champion national Spotimage, si le satellite acquiert des images comme on l'a vu sur le site du CRISP, le site web de la société est muet. Option 1 : pont transformé en viaduc ; option 2 : météo locale estivale qui ne permet pas d'imaginer qu'il puisse pleuvoir quelque part ; option 3 : préparation de la finale de la Coupe d'Europe.

Dans les trois cas, l'excuse est inattaquable ... en France.

p.s. : photo Birmanie copyright Associated Press ; Images satellites copyright CNES, Digital Globe et USGS/UNOSAT.

Can't You See

466pxnargis_01_may_2008_0440zPour ceux qui s'intéressent à l'usage de l'imagerie en Birmanie, le site de la Repubblica montre une image Cosmo-Skymed. D'après la fraction italienne locale le titre "la catastrofe dal satellite" ne signifie pas que le satellite est une catastrophe. C'est compliqué les langues exotiques.

Sur le site UNOSAT, il y a des travaux basse moyenne résolution (Modis, NOAA, Landsat d'archive et DMC-UK) à télécharger. Ils sont également sur le site de la Charte.

On a également vu d'impressionnantes images Quick Bird du 5 mai et 4 images WorldView du 6 mai. une version à 2 m de résolution sur Hainggyi est accessible sur le site de Digital Globe.

The_independantp.s. : Plutot que la version originale du Marshall Tucker, on proposera cette cover live enregistrée en septembre 2004 par les forces conjuguées de Tea Leaf Green et de Four Year Bender (représenté par son leader et guitariste, notre vieil ami Ryan Smith) lors d'un concert à l'Indépendant. Deux des meilleurs groupes de San Francisco jouant de la musique sudiste.

p.s.s. : L'image de Nargis est datée du 1er mai et elle a été acquise par Modis (Terra).

Normandy Rules

Et oui, aujourd'hui ce n'est pas seulement le jour de l'affrontement pariso-toulousaing (qui aurait pensé que sur ce blog, on en viendrait à soutenir le téfécé pour qu'il nous débarrasse du pésségé). C'est aussi le Comic Book Day (on s'en est rappelé grâce au toujours aussi passionnant blog carto de Jonathan Crowe).

Lee_comicsEt comme on ne peut aller chercher quelques comics gratuits chez Lee Comics (quand on a connu ce magasin, ils n'avaient ni site ouebe, ni localisation sur Google Maps) on va en profiter pour voyager au pays de nos héros fictifs.

FranceCar le Comic Book Day c'est l'occasion de rappeler que la géographie imaginaire c'est aussi celle des super-héros. Certes, peu d'entre eux ont élu domicile en France, Cyclone est né à Lyon, mais en dehors c'est un peu pauvre. Mais le quartier général des Acolytes est en Normandie et d'après l'Atlas Marvel, qui fait autorité, il est ... entre Dives et Houlgate. Vous ne savez pas qui sont les Acolytes ? De vrais super vilains à côté desquels Nico Bellic semble un enfant de coeur. Mais dites moi, est-ce que leur super-pouvoirs de super-méchants se manifestent dans la Normandie profonde ?

Image1Apparemment oui, car comment expliquer que le tout nouvel autorail normand que le Monde nous envie se soit retrouvé soufflé à côté des voies de chemin de fer sur la nouvelle version du Géoportail ?

Image2_2Ce ne peut être qu'un coup de Magneto et de ses sbires. Mais que font les X-Men ?

p.s. : En tant que résident Houlgatais et usager intermittent (à raison de 2 trains par semaine on peut difficilement être usager régulier) de la ligne de train Dives Cabourg / Trouville Deauville, on peut témoigner que la probabilité qu'il y ait un train en gare d'Houlgate au moment du passage de l'avion IGN était tellement faible qu'il n'a pu y avoir que collusion malicieuse entre le syndicat d'initiative local et la direction de la communication de l'Institut. De fait si l'on ne tient pas compte des trains du jeudi soir et du lundi à l'aube mal adaptés à des prises de vue optiques, le total cumulé hebdomadaire des arrêts de trains en gare est de 6 mn, ce qui met la probabilité d'obtenir l'image du Géoportail autour de 0,179%.

p.s.s. : le titre du post est un poil mégalo mais, bon, quand dans la même semaine, Saint Tho se retrouve 5e en ProA après 8 victoires consécutives, le HAC est champion de D2 et un groupe de musique de jeunes normand fait la une dans notre ex-colonie septentrionale (ce qui n'était pas arrivé depuis ... disons le Petit Robert dans les années 70), les chevilles enflent.

GablRaison de plus pour écouter Seven guitars with a cloud of milk, l'album de Gablé. Ils seront à la Flèche d'Or le 10 mai, au Cabaret Electric au Havre le 15 et au Cargo à Caen le 23. Ecoutez Noone Knows Why jusqu'à la fin et vous aurez du mal à prétendre qu'il n'y a pas de kryptonite ou de vibranium dans le pays d'Auge. Les promesses de Californian Touch With a Condé sur Noireau Way of Life (2002) et de leurs concerts passés (on en avait parlé ici après les avoir vus à Chauffer dans la Noirceur en 2005) sont largement dépassées.

Comme un lego

Si on a dit ici que le colloque Space Appli était assez pathétique, il n'en était pas de même des deux autres colloques simultanés, la conférence européenne de navigation (ENC/GNSS) et le forum européen temps/fréquence (EFTF).

Et comme pour souligner l'écart, alors que les promesses de Pleiades semblent reculer de 6 mois tous les 6 mois (d'où le nouveau slogan toulousaing : "Pléiades, le Boeing 787 de l'espace"), GioveB a été lancé avec succès. Espérons que ses horloges high tech soient dotées, au delà du tic-tac pour lequel elles ont été conçues, d'une fonction réveil pour une communauté télédétection décidément bien ronronnante.

110600753059296p.s. : Comme un lego, la chanson qui nous hante depuis un mois ... et pour 50 ans. Bashung a enfin trouvé un auteur à sa hauteur. Vingt quatre ans après, enfin, la suite de Lumières :

Quelqu'un a inventé ce jeu
Terrible, cruel, captivant
Les maisons, les lacs, les continents
Comme un lego avec du vent

Des roses et des orties

Cette semaine, l'événement dans notre petite communauté c'est le Toulouse Space Show (TSS) qui se veut pour le spatial le pendant tous les deux ans ... du salon du Bourget (rien que ça et c'est pas nous qu'on le dit, c'est le programme). Et de fait les moyens sont là, les politiques aussi (ministre de la recherche en tête).

Dans les faits le TSS, ce sont trois colloques simultanés, ENC/GNSS sur la navigation, EFTF sur le temps/fréquence et Space Appli sur les Applications Spatiales. Ce dernier colloque fait suite à celui organisé en décembre 2006, qui avait laissé un souvenir assez calamiteux.

Ce coup ci plus de 130 communications réparties sur 4 jours avec des sujets aussi divers que la médecine de catastrophe, le transport aérien, la météo, la sécurité ... devaient permettre de faire un état des lieux complet.

A mi parcours, un premier bilan : Si la manifestation dans son ensemble est un succès grâce aux troupes nombreuses qui peuplent le colloque Navigation, la partie Space Appli est un four (pour dire, à côté, il y avait du monde au Géoévénement). Mercredi on a compté à 15h dans les deux salles simultanées un total de 42 présents (orateurs et présidents de séance compris) soit moins que le nombre de membres du prestigieux comité de programme réuni par le CNES (c'est l'avantage d'être dans le comité de programme, on est bien placé pour savoir qu'il ne faudra pas venir).

Donc il n'y a pas la quantité, mais la qualité est-elle là ? Et bien comme souvent, le niveau est très variable : du passionnant, du stimulant (on a aimé les sessions médicales du mercredi, très pragmatiques et focalisées), du en pilotage automatique (avec pas mal de communications GMES qu'on a déjà entendues 600 fois) et de l'affligeant (avec les inévitables communications des affidés du CNES qui n'ont rien à dire mais l'étirent en longueur).

Certes il reste deux jours mais notre bonnet d'âne provisoire sera accordé à une brillante redéfinition toulousaine de la géostatistique. On ne savait pas que ce terme se rapportait à des statistiques de recensement basiques par unité d'habitation. Mais comme ça nous a été répété plusieurs fois à l'oral et à l'écrit, on n'avait pas la berlue. Et comme la communication était cosignée avec un sud africain, le bon Dr Danie G. Krige, malgré son grand âge, a encore du pain sur la planche. A ce point de jobardise, on se dit que quelqu'un dans la salle va relever ... mais non, s'attacher à la signification des mots, ce doit être dépassé. Et maîtriser les concepts scientifiques quand on fait de la cartographie spatiale, c'est optionnel.

Enfin, la bouffe est bonne et le pinard est convenable, les toulousains savent recevoir et c'est ça qui compte, non ?

p.s. : Des roses et des orties, chanson de circonstance d'un jeune chanteur régional.

Je suis en route

Un plan spécial copinage assumé.

Handsfree3d_2Il faut absolument aller voir la démo de HandsFree3D en ligne depuis vendredi dernier. Le camarade Bossut en avait brièvement parlé dans son blog le mois dernier. A l'époque le projet s'appellait Segalen (ce qui était nettement plus classieux mais peut-être un peu trop référentiel et cultivé pour la génération Second Life ... on rigole).

La vidéo est sur You Tube et même le New York Times en a parlé ici (même si on n'est pas trop convaincu par l'analogie qu'ils font avec l'Holodeck de Star Trek).

Si on peut se permettre une remarque perfide, dans la vidéo, l'avatar du Bossut semble avoir passé beaucoup plus de temps au Club Med Gym que son maître ...

p.s. : Pas de citation musicale mais ... ça :

TOUT EST PRÊT, MAIS AI-JE BIEN LE DROIT de partir ? Constructeur jusqu'ici dans l'imaginaire, conjureur de ces matériaux ; impondérables et gonflants, les mots, — ai–je bien le droit de bâtir dans le monde dense et sensible, où tout effort et toute création, ne relevant plus seulement d'une harmonie intime doivent trouver leur justification dans le résultat, dans le fait, — ou leur démenti sans appel...

Pris d'un doute plus fort que tous les autres, pris tout d'un coup du vertige et de l'angoisse du réel, je rappelle et j'interroge un à un les éléments précis sur quoi s'établit l'avenir. Ce sont des relations de voyage, (des mots encore), des cartes géographiques — purs symboles, et provisoires, car des districts entiers sont inconnus là où je vais. Il y a donc les chenilles sépia des montagnes, des traits rouges pleins, qui sont des sentiers méprisables puisqu'ils ont été déjà suivis, et des traits rouges pointillés qui marquent à l'aventure les routes ouvertes, inexistantes peut-être. Des traits bleus qui dessinent les fleuves ; des traits verts représentant les limites des provinces ou des États. Quelle sera la possibilité de franchir l'un ou de sauter l'autre ? Le fleuve a peut-être un pont ici ; et la frontière politique un prétexte à n'être pas enjambée. Enfin, il y a le problème de pure longueur dans l'espace que tout ce chemin représente. Et voici la roulette d'acier du curvimètre qui se tortille et virevolte entre mes doigts, progressant terriblement vite sur son axe enspiralé. Elle fait sa route avant moi, et puis, reportée sur la barre rigide de l'échelle, elle donne, sans commentaires, des mesures précises, précises au centième, — mais fausses. car, pour un détour du trait sur la carte, la route en a peut-être fait deux sur la plaine, et dix et vingt sur la montagne. Et quel rapport logique accepter entre l'espace, la sueur et la chaleur, la fatigue et l'entrain, la hâte à poursuivre ou le désir du retour en arrière ? Rien n'a été mesuré sur ce point, — rien qui unisse le jeu du curvimètre dans mes doigts, et la grande agitation musculaire qui suivra.

Enfin, toute question et toute incertitude sont portées à l'extrême lorsque, délaissant les parties dessinées de cette carte, — honnête et sincère puisqu'elle avoue ses ignorances, — on s'aventure dans ses zones laissées en blanc. Là, ni fleuves, ni routes, ni plaines, ni montagnes. C'est là pourtant où l'expérience du réel traversera son domaine de choix. — Pour dompter et dessiner d'avance ce que l'on trouvera dans ce blanc, vais-je déjà retomber dans l'imaginaire à peine fui ? Pour le combler, faut-il inventer d'autorité ce qu'il contient, et puis en rabattre ensuite ? Je sais. Il y a d'autres attitudes. De ce que l'on connaît exister alentour on peut déduire ce qui se doit être ici. Mais dès lors, à la merci de la moindre erreur déductive. Le coup d'envol imaginaire se suffit jusqu'au bout à lui-même : la mastication logique a péché contre l'esprit, si elle a tort.

Il ne faudra point avoir tort. Derrière ces mots, derrière ces signes figurés, étalés conventionnellement sur le plan fictif d'un papier, il me faudra deviner ce qui se trouve très réellement en volumes, en pierre et en terre, en montagnes et eaux dans une contrée précisée du monde géographique. Et l'abondance et le disparate de ces notions, et l'absence de commune mesure humaine est un grand sujet de trouble : il y a des cotes d'étiage dans le fleuve, des dates historiques dans la fonte des neiges à mille lieues du point où je vais ; des habitudes connues dans le régime des vents ; il faut échapper aux trop excessifs coups de froid dans les montagnes et se garder encore plus des régions pluvieuses en plaine... voir si des gens d'escorte du pays même valent mieux que des étrangers au pays ; —les étrangers, plus fidèles, seront un fardeau de plus à traîner. — voir si l'escorte doit changer en totalité à chaque frontière de province, ou s'il faut conserver un noyau unique que l'on mènera de Pékin à Bénarès... Et qui me portera ? Des chevaux, des chameaux, des ânes, des hommes, des mules, ou mes pieds ? Chacun peut-être, tour à tour, mais dans quel ordre ? Il y a aussi cette importante et importune question d'argent. Faut-il me faire précéder sur la route de relais de lingots sonnants ? Par quels ravitailleurs, gros marchands chinois ou missionnaires apostoliques ? Faut-il emporter des objets d'échange pour les habitants problématiques des régions inconnues ? — Vient enfin l'approvisionnement en armes. Ne pas en avoir est folie. Montrer qu'on est bien muni est provoquer l'envie du pillage... Même au prix de ces comparaisons minutieuses, j'entrevois à peine ce qui viendra. Et cependant il faut faire plus : prévoir. Il faut tout prévoir. Ce n'est pas un livre que j'écris.

De nouveau, je suis face à face avec l'interrogation première : quelle est, prise sur le fait, la concordance entre la notion et son objet. Où est le lien, où est le lieu de certitude — ou d'angoisse — du réel ?

Dès maintenant, je puis tenir que le réel imaginé est terrible, et le plus gros des épouvantails à faire peur. Rien ne dépasse l'effroi d'un rêve de cette nuit, veille du départ. Il me faut donc m'éveiller tout d'un coup :

Je suis en route.

Water Ran

Oui ce blog est inactif depuis trois semaines et on mettra ça sur le compte de l'anxiété de la fraction italienne locale face à la menace du retour de la vengeance du fils de la perruque de Berlusconi. Maintenant que l'affaire est pliée (nos amis italiens vont arrêter de se foutre de notre gueule à propos de Sarko), c'est back to business.

Alors on ne vous présentera pas aujourd'hui les nouveautés pas possibles vues au Géoévénement parce que ... on ne les a pas vues.

Faut dire que le premier jour, en descendant du Tram, on s'est un peu emmelé les pinceaux et on s'est retrouvé illico au salon du Cirque. C'était pas encore officiellement ouvert mais on rentrait comme dans un moulin. C'était génial, il y avait des kits RFID pour tigres et des solutions de localisation de l'affichage sauvage du cirque Zavatta. Mais quand on est ressorti, damned, le Géoévénement était déjà fermé.

Alors on est revenu le lendemain et là, on ne sait ce qui s'est passé mais on s'est retrouvé au salon des métiers du 3e age. Alors évidemment comme on voulait assister au colloque sur les 20 ans de la géomatique française et aux présentations du directeur de l'IGN, on a cru qu'on était au bon endroit. On y a passé la journée avec tout plein de gens qui aiment les vieux comme nous et qui nous ont proposé des kits RFID et des solutions de localisation (les mêmes que pour les tigres mais version carte vermeille). Alors évidemment quand on est ressorti, le Géoévénement était déjà fermé.

Le troisième jour (admirez la conscience professionnelle) on est revenu et là, nouvelle bévue, on a cru que tous les trucs géogrenelle et compagnie, ça ne pouvait être qu'au salon Planète Durable (organisé par les gens du salon du Tuning automobile, on ne rigole pas). Et là c'était génial, il y avait des kits RFID et des solutions de localisation pour citoyen concerné (en un seul mot), on s'est fait encore tout un tas de chouettes copains et quand on est ressortis, à la porte du Géoévénement, il y avait un écriteau avec marqué "à l'année prochaine ... peut être".

C'est promis, l'an prochain on se greffe une puce RFID et on s'achète une solution de loc pour ne pas rater la bonne entrée.

p.s. : Water Ran, de Lilly Wood and the Prick car si on n'a pas eu beaucoup de temps pour le Géoévénement, on se montre plus disponible pour des concerts parisiens improbables et dans les dernières semaines, ce duo a enflammé la scène des bars parisiens (notamment mercredi 9 dernier, vous voyez qu'on avait une bonne excuse pour sécher la Porte de Versailles).

Allez sur leur page Myspace : c'est foutraque, mal enregistré, pas abouti, mais il y a plus de talent que dans 99% des trucs qu'on vous vend. Et en live c'est déjà 100 fois mieux (prochain concert au Baron le 5 mai).

Right Place, Wrong Time

Saint_claudeIl y a deux ans et demie (une éternité), notre attention était braquée sur La Nouvelle Orléans. Aujourd'hui les gens du coin se sentent un peu seuls et utilisent des mash-ups pour faire savoir ce qui se passe en matière de démolitions de maisons. Le petit extrait à droite porte sur le quartier de Saint Claude (dans l'est de la ville) et plus particulièrement sur les bâtiments du zip code 70117, quartier à 90% noir d'après les données de recensement. Ce quartier avait été entièrement inondé après la double rupture de la digue d'Industrial Canal (visible à gauche). On se souvient en avoir fait des animations avec Formosat-2 toujours visibles sur le site de Spot.

Un mélange explosif de laisser-aller, de spéculation immobilière et de racisme va produire des conséquences long terme bien pires que l'innondation. Et la compétence géospatiale est au coeur des luttes pour la défense des zones résidentielles pauvres : aller sur le forum ici, soutenir des projets , écouter Allan Gutierrez ici.

Tchadm_1Evidemment, il n'y a pas de mashups cartographiques dans toutes les villes où l'on rase des quartiers : Prenez N'Djamena, rappelez vous, ça vous a intéressé ... il y a whaouuu ... 6 semaines. Mais c'est sorti de l'actualité et aujourd'hui, qui s'intéresse au fait que les destructions sur les bâtiments ont été plus importantes après la guerre ... que pendant les combats. En dehors des reportages de Virginie Herz sur France24 (eh oui, cette chaine est utile), ces pratiques (poétiquement appelées déguerpissement) passent inaperçues (sûr que si Mugabe faisait ça, on s'indignerait).

Allons pouvons nous inverser la tendance avec nos chères images satellites ... Pas vraiment car tous les capteurs se sont focalisés sur N'djamena début février pour la production de cartographies de crises (civiles ou militaires). On dispose donc d'imagerie WorldView du 8 février et d'une QuickBird du 17 février qui permettent d'évaluer les dégats des combats mais l'essentiel du travail des bulldozers s'est produit entre le 15 février et le 15 mars ...

Dr_john_in_the_right_place_coverp.s. : Right Place, Wrong Time, du bon Docteur qui essaye de se battre pour sa ville.